La montagne, passion d'une vie

Publié le par Zigual

  Je me souviens encore de ces premiers pas en montagne : les petites balades d’après-midi à Lavall, puis les randonnées sur 2 jours avec Papa et Betty, ma sœur, puis ma mère. La découverte du camping ! Avancer, pas à pas, sur un sentier traversant un paysage grandiose ; sentir cette douce fatigue du soir, les muscles qui se relachent. Installer la tente et repartir vite courir autour du bivouac, la curiosité me poussant toujours plus loin, toujours plus haut… L’impression de voler tellement on se sent léger sans sac. Revenir 1h plus tard, préparer ces mauvaises pâtes liophilisées mais qui sont pourtant le plaisir de la journée. Une bouteille de jaja plus tard, on va marcher tranquillement alentour, regarder les montagnes, parler d’elles, du tour du lendemain, des fleurs… Et au réveil, c’est reparti ! S’échauffer, laisser le rythme de la marche m’envahir… Laisser les ampoules et la chaleur des pieds nous faire souffrir, parce que c’est tellement bon quand on se retrouve pieds nus.


Un plaisir de parcourir les montagnes, en tout simplicité.



Puis est arrivé le surf. Après 2 ans et 1/2 d’apprentissage en station, me voilà raquettes aux pieds, à 11ans.

Je me souviens de LA première rando ! Soleil, neige de printemps… Et Papa qui portait mon surf malgré mes protestations. Peut-être souhaitait-il ne pas me dégoûter d’entrée ?


Et c’est parti pour une longue série, de randos en randos, me voilà progressant dans l’immensité blanche. Tout ça est tellement beau que Betty finit par s’y mettre. Au noël de mes 13ans, mon premier swallow. Ca a été des larmes de bonheur ! Un Swell Panik, de toute évidence. Trouvé d’occasion, rigide et étroit, mais pourtant, voici encore une souvenir bien ancré en moi : en station, à Porte Puymorens, je teste le swallow. « Whaaaaaa on dirait qu’on surfe sur de la chantilly !! Ou alors d’effleurer la pente tellement c’est doux ! » Juste un petit temps d’adaptation pour apprendre à piloter cet enfin de 175cm. Et c’est parti encore pour une longue série de sorties en poudre ! Jeune fillette suivant son père avec enthousiasme et admiration.


Encore un événement qui ne fait que me sentir encore plus différentes des jeunes de mon âge. Mais peu importe, la montagne est là et contient mon bonheur.



Entre temps, en été 2003, par une belle semaine de vacances à Ceillac, je découvre 2 autres nouvelles activités : l’apinisme et le VTT. En plus d’être un complice, un compagnon des montagnes, mon père devient mon compagnon de cordée. Des moments intenses et uniques passés à parcourir les glaciers, grosses aux pieds ; un plaisir d’être constamment concentrée. Un plaisir de faire autre qu’une classique. De bivouaquer dans la neige. D’avoir du technique. De redescendre 2300m d’un coup, retrouver le fidèle VW, boire du frais, tremper ses pieds endoloris dans la rivière, puis entamer les 5h de voyage vers Perpignan, 5h où notre esprit est encore là-haut.



Quelques années plus tard, par une belle journée ensoleillée, je fais ma première sortie en VTT toute seule. Une chose nouvelle pour moi.  Je vivais souvent cette délectable solitude avec mon père, maintenant je la découvre entièrement seule. Une certaine tension, une certaine peur à la descente, mais peu après, j’apprendrais, avec le progrès, à me sentir en confiance.



Puis vient un heureux événement, un détour de notre vie : le déménagement à Briançon.

A peine un mois plus tard, j’ai mon permis. Le début de la liberté ! Maintenant je peux aller en montagne quand je veux, où je veux !

Je me souviens de ces fameux mardi après-midi : libre de 12h jusqu’à 17h, ça me suffisait toujours pour faire une petite Blanche à Pelvoux, ou un petit Combeynot au Lautaret. C’était l’année du BAC, mes quelques révisions se firent en montagne.


Puis, je migre sur Grenoble. Deuxième heureux événement pour la family ours : la rencontre de LA dream-team ! Une équipe en or… Un premier WE ensemble, et c’est parti pour une longue série de sorties ensemble.


De nature solitaire, je découvre, ou plutôt je perds de vue les sorties seules. Une fois que l’on a connu le bonheur avec ses ami(e)s, qu’on se sent à l’aise et qu’on rigole ensemble, dur de revenir en arrière. Tant de soirée devant la bière et les topos, ces quelques précieuses « grosses » sorties avec Squal, Leced et Gillou, et tant de belles journées toute la team réunie… Aussi une certaine découverte de la « montagne au féminin » : Oui il y a des filles qui assurent en montagne et qui sont une crème de gentillesse, et ça fait plaisir de les connaître quand bien même je ne sortais avant qu’avec quasiment que des hommes.



Aujourd’hui, 20 ans, me voilà à écrire une mini-biographie de la montagne. Deux choses à dire :


Premièrement, non, je ne suis pas complètement enfermée dedans (du moins je ne l’espère pas), et je pourrais très bien, un de ces jours, faire une « mini-biographie de la famille » ;-) ou encore des mes « activités extra-montagne ». Car je n’oublie jamais ma famille.


Deuxièmement, pourvu que ce bonheur dure !

Publié dans Réflexion

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latata 19/12/2008 16:51

merci de ne "jamais" oublier la famille arnavielhe, car c'est avec elle que tout a commencé !

Phil'Ô 05/12/2008 20:25

Magnifique ton récit Alizé. Même si nous ne nous sommes vu que quelques heures, toi de retour d'une grosse bambée avec le Squal et le Pédro, et moi à la veille d'un W.E d'anthologie avec eux, j'ai vite compris que nous avions bon nombre de valeurs en commun (il est vrai que les passionnés de Montagne que nous sommes, y recherchent souvent la même chose)Tu as la chance d'avoir un père passionné, qui a su te communiquer son amour de la montagne (sous toutes ses formes). J'espère sincèrement être le même type de père pour mes 3 bambins, car je serai vraiment triste que mes enfants passent à côté de ces instants de plénitude que l'on ne vit que là haut A bientôt sur les cimes en ski, surf, alpi ou VTTPhil'Ô

le ced 27/11/2008 20:57

La trace de l'ange Catalan,le Nant Blanc de l'Argentière,le norton de Ceillac,l'alizé Siffredi de Tavernolles...c'est celle que je connais,que je respecte,que l'on ne saura jamais dompter ni cesser de groncher,c'est Alizé!

Fani 26/11/2008 20:49

Chouette cette "biographie" sur 20 ans. Moi, je me rappelle surtout la "bouderie" de fin de balade, et ça c'est bien Alizé quand c'était la p'tite p'tite soeurette! ;)

Betty 26/11/2008 13:53

Très jolie "mini bio" !;)
Ca reveille quelques souvenirs aussi dans ma tête... !
Je suis d'accord avec tout mais seul hic... dommage que la "dream team" ne s'ouvre pas beaucoup au reste de la famille... a suivre !
bisous bisous